vendredi 21 janvier 2011

La Tunisie a rejoint le modèle démographique des pays développés


De vastes régions musulmanes ont vu leur taux de fécondité tomber entre 2 et 2,3 enfants par femme (le taux de la France ou des États-Unis étant de 2 enfants par femme). Une évolution déterminante, car l'histoire montre une concomitance de trois phénomènes : alphabétisation, baisse de la fécondité et révolution. Le taux de fécondité en Tunisie est le plus faible du monde arabe (2 enfants par femme, en 2005) et l'alphabétisation y est quasiment achevée : pour la période 2000-2004, 94.3% des 15-24 ans savent lire et écrire (97,9% pour les garçons et 90,6% pour les filles). Le niveau élevé d'endogamie* était nettement supérieur à 30% au milieu des années 90, alors que l'Iran, l'Algérie et le Maroc étaient à 25% et la Turquie à 15%. L'obstacle de l'endogamie a été levé, permettant la baisse de la fécondité et à l'alphabétisation de jouer pleinement son rôle. Avec cette révolution, la Tunisie a rejoint le modèle historique général et quelles que soient les difficultés à venir, l'idée d'un retour en arrière est difficilement concevable. Quant au statut de la femme, il était partie prenante d'un système familial patrilinéaire qui exige que le fils succède au père. Mais lorsque le taux de fécondité tombe à 2 enfants par femme, nombreux sont les pères qui n'ont pas de garçons et c'est tout le système qui s'effondre. En Syrie, le taux d'alphabétisation est encore plus élevé qu'en Tunisie (95,2%), mais l'endogamie reste très forte, en particulier dans les zones sunnites. En revanche, en Egypte, l'alphabétisation a pris du retard (73,2%), mais l'endogamie, déjà pas très élevée, est en chute libre.
*endogamie: obligation pour un individu, de se marier à l'intérieur de son groupe (homme pauvre + femme pauvre)
Source : Libération le 17/01/2011
Quentin 5è
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