lundi 21 mars 2011

Une décennie de négligences et d’opacité


Les Japonais ont de bonnes raisons de ne pas avoir confiance en leurs autorités nucléaires. Et plus particulièrement dans les communiqués de l’électricien Tepco (Tokyo Electric Power), l’exploitant des centrales de Fukushima, dont au moins trois réacteurs sont entrés en fusion. Il se trouve que le 16 juillet 2007, un puissant séisme endommageait l’énorme centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa, sur la côte Ouest du Japon. Beaucoup ressentent, quasi-intrinsèquement, une méfiance à l’égard des réacteurs nucléaires du pays depuis le très grave accident survenu dans la centrale de Tokai, le 30 septembre 1999.
Principe. Il y a trois ans, déjà, après le séisme qui venait de secouer la centrale de Kashiwazaki, nombre d’experts, à coups de rapports remis aux autorités, avaient réclamé de lourds investissements et un changement de cap, afin de renforcer les normes parasismiques d’une quinzaine de centrales nucléaires japonaises. Ces dernières étaient-elles assez solides ? Pouvaient-elles résister à des séismes majeurs ? Les réacteurs nippons sont tous équipés de systèmes limitant au maximum les moindres vibrations et de capteurs sismiques reliés à des dispositifs d’alerte. Mais était-ce suffisant ? Le ministre de l’Economie et de l’Industrie d’alors, Akira Amari, assurait que l’état japonais allait « accélérer les travaux pour vérifier si les réacteurs pouvaient résister à divers scénarios de tremblements de terre ». Reconnaissant ainsi des carences. Le 9 août 2004, accident nucléaire au sein de la centrale de Mihama (à 320 km à l’ouest de Tokyo), propriété du géant Kansai Electric Power, faisait 5 morts et 7 blessés dans la préfecture de Fukui. En cause: une fuite de vapeur au niveau des turbines d’un réacteur à eau pressurisée. Déjà, des experts avaient mis en cause la manière dont l’accident avait été présenté à l’opinion publique. Les responsables avaient préféré minimiser. « La fuite de vapeur a été présentée comme non radioactive et donc inoffensive pour l’homme. Mais à 280 degrés, cela tue aussi, et quatre hommes sont morts », témoignait alors un scientifique. Avant l’accident de Mihama, il se trouve aussi que les trois derniers incidents nucléaires reportés dans le monde avaient eu lieu au Japon.
Puissance économique, technologique et scientifique, le Japon figure en tête de liste des pays victimes d’accidents nucléaires à répétition.

Source : Libération du 15/03/2011
Quentin 5è

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