vendredi 8 avril 2011

Fukushima, silences coupables

La grogne monte au Japon. La population, sous-informée, découvre peu à peu la collusion entre le gouvernement et les opérateurs du nucléaire.
Naoya Minami, le patron de Tepco, doit faire face à une situation inédite © Jiji / AFP
Sous informés par les autorités, de plus en plus conscients du risque d'une catastrophe dont ils sont, pour la plupart, dans l'incapacité d'évaluer la gravité, les Japonais sont désormais d'autant plus inquiets que fait aujourd'hui surface, à la lecture de la presse grâce aux témoignages d'experts nucléaires diffusés sur des chaînes privées de télévision ou sur des blogs, l'arrière-plan nauséabond de ce drame : la puissance de ce que, par pudeur, on nomme le « lobby nucléaire ».
Ce lobby, qui voit d'anciens hauts fonctionnaires des ministères et agences liés au nucléaire « pantoufler »(1) dans des compagnies d'électricité, est passé maître dans l'art de verrouiller l'information.
Il finance d'importantes campagnes publicitaires dans la presse et à la télévision pour assurer que le nucléaire est parfaitement sûr.
Mais, pour l'instant, ces révélations, « brutes de décoffrage(2), font froid dans le dos. Si elles reflètent la réalité, il apparaît que l’opérateur Tepco, certes mais aussi ses homologues, a fait passer la rentabilité à court terme avant l'impératif de sécurité à long terme.
Les centrales de Fukushima étaient conçues pour résister à une vague de 5,5 mètres en prenant comme référence le Chili en 1956...
Les réacteurs ont résisté au séisme et se sont arrêtés automatiquement, mais le système de refroidissement, insuffisamment protégé, a cessé de fonctionner.
La réaction tardive de Tepco est également mise en cause. « Tepco a pris en compte le danger avec lenteur », a déclaré un haut fonctionnaire à l'agence de presse Kyodo.
(1) Aller travailler dans une entreprise privée pour un haut-fonctionnaire.
(2) Sans recul de l'information.
Source : Le Monde du 27-28/03/2011

Romain 3è

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