jeudi 29 mars 2012

Alain Grousset et les élèves de 5°2 : La rencontre.


Début janvier, la classe de 5°2 a fait une sortie à Strasbourg, pour découvrir sa Cathédrale et, avec la visite du musée de l’Œuvre Notre-Dame, comment on construisait une cathédrale au Moyen Âge. L'après-midi, afin d'éprouver le « vertige », nous sommes montés sur la plate forme. En rentrant, nous nous sommes plongés dans la lecture et l'étude de La Citadelle du Vertige d'Alain Grousset.

Et le jeudi 10 février 2012, toute la classe s'est rendue à 8H45 au CDI. 8h55, un homme d'environ 55 ans, barbu et sympathique, entre dans le CDI ; c'est Alain Grousset. Né en 1956, il habite aujourd’hui à Orléans. Sa passion, c’est la Science-Fiction. Il a reçu un « Grand Prix du livre pour la jeunesse » en 1990 pour son titre, La citadelle du vertige, celui que nous avons lu. Il est auteur de nombreux romans, de science-fiction et de nouvelles parues dans la presse.

Il est gentil et n'a pas sa langue dans sa poche; il a répondu à nos questions sur le roman et sur sa vie d'auteur avec beaucoup d'humour. Il nous a expliqué plein de choses sur notre futur ou pour écrire un livre et pour réussir nos rédactions, tout en se moquant de notre mauvaise écriture et de nos « hiéroglyphes ». Souvent, pour capter notre attention, il nous lançait des piques, marrantes pour certains, parfois moins appréciables pour d'autres.

Enfin, il a dédicacé nos livres, pas toujours de façon originale. Mais la rencontre était sympathique et drôle. Nous nous souviendrons longtemps de ce personnage !


LES QUESTIONS :

C'est lui qui a commencé. Il nous a demandé « Vous avez aimé mon livre ? ». Certains oui; d'autres non, surtout la fin; mais pas de problème: Mr Grousset accepte tous les commentaires. En fait, il a insisté sur le fait qu'il ne voulait pas faire une fin que tout le monde attendait, ni la « pire fin d'une rédaction », que beaucoup trop d'élèves utilisent:le héros se réveille; ce n'était qu'un rêve !

Lui, quand il écrit, il connaît toujours la fin. Et il nous a expliqué que nous, élèves, quand on écrit une rédaction de deux pages seulement et qu'on veut une fin triste, on ne doit pas commencer pas par « Il faisait beau, les oiseaux chantaient » mais par « Il faisait froid; la pluie me cinglait le visage et mes parents venaient de recevoir mon bulletin de notes ». L'atmosphère n'est pas la même. Nous devons donc toujours penser à la fin d'abord !


NOS QUESTIONS :

1. Qu'est-ce qui vous a incité à écrire des livres ? Et qu'aimez-vous dans la science-fiction ?
A.G. : (ironiquement) Le pognon !!! C'est le pognon qui m'intéresse pour écrire des livres !!!Il faut bien vivre... (rires).
Ce qui m’a incité à faire des livres, c’est pour être lu. C'est aussi parce que, étant jeune, je lisais 5 livres par semaine donc j'adore lire. C 'est enfin le plaisir pour la science fiction.
Pour moi, la Science Fiction, c'est poser la question « ET SI ??? »
Comme « Et si l'Allemagne avait gagné la guerre en 1945 ? »
Et La Citadelle du vertige répond en fait à la question : « Et si des extraterrestres avaient atterri sur Terre au Moyen Âge, qu'auraient-ils utilisé pour rentrer chez eux ? La croyance des gens de l'époque pour monter vers le Ciel, à savoir la construction des Cathédrales».
Ce que j'aime dans la science fiction, c'est le temps parallèle ; c'est comme un monde à la même époque, mais décalé. Il y a peut-être un monde parallèle au nôtre...

2. Qu'est-ce qui vous a incité à écrire ce livre en particulier ?
A.G. : Je me suis inspiré de la cathédrale d’Orléans. Un jour, deux bâtiments cachaient les côtés de la cathédrale. Il y avait du brouillard et la cathédrale ressemblait à une fusée. C'est le point de départ du livre.


3. Combien de temps vous faut-il pour écrire un livre ? Comment se passe la création ?
A.G. : 6 mois environ pour un livre de taille moyenne, d'une centaine de pages . Pour commencer, il me faut trouver l'Idée qui débutera le travail. En fait, j'ai toujours un bloc-note sur mon chevet, à côté de mon lit, car je trouvais parfois en pleine nuit des idées et ne dormais plus à cause de cela. Et même quand je pars en ville, je garde TOUJOURS un bloc-note ou un morceau de papier et un stylo.
Une fois l'idée trouvée, c'est au tour des personnages puis le « Quand » et les « Lieux », « l'Action » et « le Pourquoi » chaque personnage agit. J'utilise (comme nous !) le QQCOQP ! Enfin, il faut déterminer la fin et le comportement des personnages . Je termine par un résumé, chapitre par chapitre. Tout ça me prend 3 mois.
Puis, il faut écrire, encore 3 mois. En fait, c'est un comble, mais je n'aime pas écrire, malgré mon métier d’écrivain. Et pourtant, j'écris bien sinon l'éditeur ne prend pas mon livre ! Bref, ça fait 6 mois... le double pour un roman plus gros.


4. Pour l'intrigue de La Citadelle du Vertige :
a) S'ils sont au-dessus des nuages, comment font-ils pour l'eau ? Et pour le sang, à l'origine de la viande synthétisée ?
A.G. : Comme les extraterrestres sont très expérimentés, ils créent de l'eau à l'aide de la molécule H2O. Pas de problème quand on est déjà capable de créer de la viande synthétisée à l'aide de sang ! Mais un écrivain ne pense pas à ce genre de questions.

b) Garnier, le garde, est-il un extraterrestre aussi ? Il ne « lévite » pas, puisqu'il meurt ; mais il a connaissance du « secret »...
A.G. : Garnier,le garde, n'est pas un extraterrestre,mais lui, il peut descendre aux étages inférieurs. C'est le plus méchant et c'est volontairement un humain,contrairement aux extraterrestres qui, finalement, sont assez gentils.

c) Pourquoi ne décrivez-vous pas la deuxième maison de Symon, après la montée d’étages, comme vous décrivez précisément la première ?
A.G. :La première maison de Symon a été longuement décrite car c'est le début de l'histoire, il faut plonger le lecteur dans l’atmosphère du roman. Ensuite, après la montée d'étages, il y a beaucoup d'action donc on n'a plus vraiment le temps de décrire.


EN VRAC, NOUS AVONS RETENU AUSSI :

• Gourmand, il fait toujours manger ses personnages. Cela les rend plus vivants.

• La Citadelle du Vertige parle en fait de manipulation ; on est tous, à la fois, manipulé et manipulateur. Par exemple, en achetant des basket, on manipule finalement les enfants qui fabriquent des chaussures de marque en Chine. Et le comble, c’est « Nike », mot grec qui veut dire « victoire ». Alors quand les délinquants sont tellement admiratifs de la police (sic!) qu’ils écrivent « nike la police » sur les murs, ils écrivent en fait « Victoire la police » !!!

• Alain Grousset n’écrit pas ça pour l'argent car il gagne 6% sur un livre ;ce n’est pas beaucoup. Mais il a écrit plusieurs livres qui ont connu le succès , alors ça lui suffit aujourd'hui pour vivre.
Il travaille aussi parfois en collaboration avec d’autres auteurs, comme Danièle Martinigol.
Ses autres livres s’intitulent: L’enfant-Mémoire, Les Chasse-Marée, Les Mangeurs de Châtaignes ou Les Archives Du Futur

• Pour bien écrire, il faut relire à haute voix pour avoir deux critères de jugement, l’ouïe et la vision .

• Il nous a dit que, quand il nous voit, il peut facilement savoir si on aura un bon savoir-faire, du métier. Car il ne faut pas « savoir », puisqu’avec Internet, tout le monde a facilement accès à tout le savoir. Mais il faut « savoir où chercher le savoir », c'est-à-dire vérifier les sources (notamment dans les livres) et savoir trouver, le plus vite, une information. Et M.Grousset dit que, si on n’apprend pas l’anglais, on sera « pauvre », parce que plus de 80% d’internet est en anglais et qu'un patron choisira un apprenti qui sait parler anglais plutôt qu'un apprenti qui ne sait pas l’anglais.
Bien sûr, même s'il parle anglais, s'il fait mal son boulot, il ne sera pas pris. Mais si on sait parler d’autres langues, on a un plus pour notre avenir et on peut se débrouiller tout seul dans les pays étrangers.

• Il nous a également dit qu'il faut bien travailler à l'école, pour pouvoir faire un métier qui nous plaît, mais aussi pour être à l'aise en travaillant.
Nous avons aussi adoré l’exemple de la lettre : « JEUH T'AIMEUUUH ». Un garçon amoureux qui a écrit ça, sa lettre ne sera pas gardée par une fille alors qu'il a vraiment dit ses sentiments ; il a oublié qu'il était lu !!!

• Il nous a parlé de la vie qu'on devrait mener en cours, bien apprendre l'anglais, les maths, le français, toutes les matières, pour garantir un avenir convenable et plaisant. Et nous ne devons pas oublier que « A l'école, les professeurs doivent noter des interrogations ; même si une est un torchon, le professeur va tout de même le noter. Or pour un entretien, le patron ne voudra même pas lire le CV du torchoniste ! »

Les 5e2 de Madame Ottenwelter.

1 commentaire:

  1. ça m'a peu aidé mais c'est déjà ça, thank's

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