lundi 8 octobre 2012

357 mots pour les 400 ans !

Le samedi 29 septembre 2012, à 10 heures, les élèves du collège et du lycée ainsi qu'une soixantaine de personnes en costume d'époque (années 20)ont fait une dictée dans la salle de l'Orangerie.

Celle-ci parlait des souvenirs de rentrée des classes. Anatole France, écrivain français célèbre, né en 1844 et mort en 1924, y parle de l'automne, des "premiers dîners à la lampe et [des] feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent" avec deux "s" et deux "n"!

Les sixièmes ont retranscrit le premier paragraphe tandis que les autres niveaux sont allés jusqu'au bout du texte qui était plutôt long!

Voici les difficultés des onze premières lignes:
- le verbe "rappeler" s'accordait avec un sujet inversé (placé après!)
"Je vais vous dire ce que me rappellent tous les ans, le ciel agité de l'automne, les premiers dîners à la lampe et les feuilles qui jaunissent[...]"
 - un mot qu'on employait surtout à l'époque et qui est le "cartable" de l'époque, c'est le mot gibecière.

Il fallait écrire avec une belle écriture car un prix de calligraphie (=forme des lettres )sera décerné!

Cette dictée était le point de départ de deux mois de festivités à Bouxwiller: les 400 ans d'enseignement.
Sybille M., Emilie S. Margot R. (6e1) et Lisa D. B (6e5)

Sur les photos, le corps enseignant mode années 20, le TBI a même pris des allures de vieux tableau dans certains cours....

La voici:


Je vais vous dire ce que me rappellent, tous les ans, le ciel agité de l'automne, les premiers dîners à la 
lampe et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent ; je vais vous dire ce que je vois 
quand je traverse le Luxembourg dans les premiers jours d'octobre, alors qu'il est un peu triste et plus 
beau que jamais ; car c'est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des 
statues. Ce que je vois alors dans ce jardin, c'est un petit bonhomme qui, les mains dans les poches et 
sa gibecière au dos, s'en va au collège en sautillant comme un moineau.  Il y a vingt-cinq ans, à pareille époque, il traversait, avant huit heures, ce beau jardin pour 
aller en classe. Il avait le coeur un peu serré : c'était la rentrée. 
  
Pourtant, il trottait, ses livres sur son dos, et sa toupie dans sa poche. L'idée de revoir ses 
camarades lui remettait de la joie au coeur. Il avait tant de choses à dire et à entendre! Ne lui fallait-il 
pas savoir si Laboriette avait chassé pour de bon dans la forêt de l'Aigle ? Ne lui fallait-il pas 
répondre qu'il avait, lui, monté à cheval dans les montagnes d'Auvergne ? Quand on fait une pareille 
chose, ce n'est pas pour la tenir cachée. Et puis c'est si bon de retrouver des camarades!  

Combien il lui tardait de revoir Fontanet, son ami, qui se moquait si gentiment de lui, Fontanet qui, pas plus gros qu’un rat et plus ingénieux qu’Ulysse, prenait partout la première place avec une grâce naturelle ! C’est ainsi qu’il traversait le Luxembourg dans l’air frais du matin. Tout ce qu’il voyait alors, je le vois aujourd’hui.
C’est le même ciel et la même terre; les choses ont leur âme d’autrefois, leur âme qui m’égaye et m’attriste, et me trouble ; lui seul n’est plus.
C’est pourquoi, à mesure que je vieillis, je m’intéresse de plus en plus à la rentrée des classes.
Anatole France




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire