lundi 21 janvier 2013

Fantine

Fantine est un personnage créé par Victor Hugo, on rencontre cette jeune femme dans le tome 1 des Misérables. Contrainte à la pauvreté du fait de la fermeture de sa manufacture, elle se voit obligée de confier sa fille Cosette à un couple sans scrupules, les Thénardier. Afin de payer sa pension, Fantine vend ses cheveux à des perruquiers, ses dents à un dentiste et bientôt, elle se résout à être "fille publique", c'est-à-dire prostituée.
Les 4e 3, mandatés par Ekokoline ont donc effectué un reportage à Strasbourg, afin d'observer la situation de plus près. Voici quelques uns de leurs article rédigés en cours de français.

LES OUVRIERES EN COLERE

Depuis le licenciement  massif d'une usine à l'ouest de Strasbourg, 300 femmes vivent dans des conditions déplorables et doivent faire d'énormes sacrifices pour les besoins de leurs familles. La plupart des employées ont attrapé des maladies et ont perdu leur logement tandis que d'autres n'ont pas eu le choix : il n'y a que la prostitution pour s'en sortir et joindre les deux bouts. 
Nous avons parlé à une employée, qui après avoir sacrifié ses dents et ses cheveux pour la santé de sa fille, a sacrifié son corps et son honneur de femme pour se lancer à contre-coeur dans la prostitution.
Fantine avant son licenciement
Fantine : Ma fille est mon combat quotidien, elle est tout pour moi; je serais prête à tout pour sa vie. En plus je la vois si rarement (sanglots). J'aurais voulu trouver un autre moyen de m'en sortir financièrement, mais je n'ai pas trouvé autre chose. 
Nous avons aussi demandé à d'autres femmes dans le même cas de nous confier leur situation, et toutes font cela avec dégoût et réticence. Ces jeunes femmes se prostituent pour se soigner, pour payer leur loyer et nourrir leurs enfants.
Les 300 ouvrières de cette manufacture de vêtement sont toutes dans une situation critique et espère s'en sortir.
Valentine Biechler.


LA PROSTITUTION, UNE SOLUTION?

Ces derniers temps, beaucoup de strasbourgeoises sont au chômage suite à la fermeture de l'usine "Chez Mathilde"

Depuis la fermeture de l'usine de couture "Chez Mathilde", près de 500 femmes se sont retrouvées au chômage. Certaines ont pu sans trop de difficultés se recaser, mais d'autres n'ont pas eu trop le choix et se sont tournées vers la prostitution.
"Chez Mathilde", où la plupart des employées ont été licenciées
L'une d'entre elle a accepté de répondre à nos questions. Elle nous a expliqué ses conditions de vie : elle a une fille qu'elle a placée dans une famille à la campagne car elle n'avait plus les moyens de s'occuper d'elle. Pour payer sa pension, elle a dû vendre ses cheveux, puis deux dents. Elle est passée d'une chambre au deuxième étage à un grabat sous le grenier. Malgré cela, l'argent récolté n'a pas suffit. Elle s'est décidée à devenir fille-publique. C'était la seule solution pour elle. 
Des centaines de femmes sont malheureusement dans la même situation. Mais est-ce vraiment la seule solution?


Mélissa Munsch


LA CRISE A STRASBOURG


La dernière entreprise "Nolan" a fermé hier - Plus de 1500 ouvrières ont été licenciées- La prostitution a augmenté de 12 % à Strasbourg !

Un de nos journaliste s'est rendu dans les quartiers délabrés de la ville, où la plupart des ouvrières de Nolan vivent. La plupart d'entre-elles se prostituent. Nous avons pu interroger une ancienne salariée, Fantine.
"Je travaillais à Nolan depuis deux, je gagnais peu, mais c'était suffisant pour me nourrir et payer la pension de ma fille. Maintenant je n'ai plus rien. Je dois me vendre pour survivre et guérir ma fille. Je vis tout en haut d'un immeuble sans confort, je mange à peine, ne dors plus. J'ai vendu mes dents et mes cheveux. "
Les propriétaires sans scrupules expulsent les familles
Depuis quelques semaines, ces femmes sont à la rue, se contentant des poubelles pour vivre, ayant perdu toute dignité.

Martin Palazy


LES QUARTIERS PAUVRES DE STRASBOURG

Aujourd'hui je suis allée dans un quartier pauvre de Strasbourg. Il y avait un clochard qui me regardait : il était sale, barbu et très peu habillé malgré les basses températures. Je continuais mon chemin : deux hommes ivres-morts se battaient, tandis que des femmes adossées contre les murs, maigres et sales, me fixaient, l'air de dire "Donne moi ton argent et je te comblerai".


Le mendiant du quartier

Une fois arrivée au coeur du quartier je demandais à certaines de ces femmes de me parler de leur vie quotidienne. Les habitants n'ont pas d'eau propre, peu de nourriture et pas de chauffage. Certains n'ont pas de logement. En gros, ils n'ont rien.
Le matin, ces femmes se lèvent tôt pour travailler et gagner un peu d'argent pour nourrir leurs enfants; souvent, leurs hommes sont méchants et alcooliques. La nuit, elles ressortent, attendant que quelqu'un passe et leur donne de l'argent pour lui faire l'amour. Lorsqu'elles n'ont vraiment plus rien, elles vendent leurs dents, leurs cheveux et même leur sang.

Fantine est l'une d'entre elles.

DNA: Quelles sont vos conditions de vie?
F: Je me lève à cinq heures et je rentre à vingt heures, pour trouver du travail en ville. Je n'ai pas d'eau ni de chauffage dans mon logement.
DNA: Quel est votre salaire?
F: Je gagne 9 sous par jour.
DNA : Décrivez-nous votre logement.
F: Ce n'est qu'un vieux et sale grenier, avec une vieille chaise et un vieux matelas sans rembourrage.
DNA: Vous me paraissez pâle, êtes-vous malade?
F: Je n'en sais rien, le docteur est trop cher. J'ai mal partout, je me sens faible et la nuit je ne dors peu.
DNA: Avez-vous des enfants?
F: Oui, une fille, Cosette. Elle est à la campagne en pension car je ne pouvais plus l'entretenir ici.

 Salomé Traber

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