jeudi 28 mars 2013

Quand l'écrivain sort de son livre...










Rencontre avec Fabrice Colin

Lundi 28 janvier de 9h à 11h30, les élèves de 4e2 étaient au CDI dans le cadre d’une rencontre d’écrivain avec Fabrice Colin. Cinq élèves de 6e1 et cinq du CM2 de Kirwiller étaient également présents pour parler de son Petit Prince. Les 4e2 avaient lu le projet oXatan, un roman de science-fiction, fait des recherches autour de ce genre littéraire et réalisé des marque-pages exposés au CDI ce jour-là.
Fabrice Colin vit à Paris dans un petit appartement rempli de livres! Il a 40 ans, est marié et a deux filles dont l'une s'intéresse déjà, à dix ans, à l'écriture! Il a "débarqué"  en Alsace pour y rester une semaine pendant laquelle il a rendu visite à de nombreux collégiens dont ceux de Bouxwiller et d'Ingwiller. Il a aussi rencontré d'autres amis écrivains. Il nous a parlé de :
-de son parcours
-son métier et de l'écriture de ses livres
-de la "suspension d'incrédulité" (pour "entrer "dans sa littérature et tous les genres cités ci-dessous, il faut accepter de croire des choses incroyables...)Une élève de CM2 était tout à fait d'accord avec Fabrice Colin: "Je ne crois pas aux sorcières mais je lis les Harry Potter!"
- de la différence entre la fantasy, la science-fiction et le fantastique.

C’est dans une bonne ambiance que les élèves ont pu ensuite poser leurs questions, en commençant par les 6e et les CM2, qui avaient des interrogations parfois (im)pertinentes sur la réécriture du Petit Prince.

Voici le compte-rendu des 6:
Ecrire, c’est du travail !
Fabrice Colin reprend trois fois ses romans ! Il nous a donné un exemple très parlant. Dans ses brouillons , tous ses nuages sont cotonneux. C’est seulement par la suite qu’il les rend gris , inquiétants ou menaçants.

La littérature-jeunesse, un vaste monde à explorer !
Lorsqu’il était jeune, il lisait les romans qui se trouvaient dans sa bibliothèque. Ce n’était pas une littérature spécialement écrite pour les jeunes.  Aujourd’hui quand un jeune accroche à un genre, il trouve un grand nombre de romans ! C’est une chance !

Autour de  son travail « d’adaptation »du Petit Prince.
Fabrice Colin a entendu le Petit Prince à 7-8 ans. C’était sur un disque lu par Gérard Philippe (voir vidéo). Il a surtout été marqué par la fin qui raconte la mort du Petit Prince. Il pense que c’est impossible de « refaire » la Petit Prince car c’est une histoire unique.  C’est un défi perdu d’avance.
Selon lui, le dessin animé a le mérite d’être simple et lent. C’est différent des dessins animés remplis de combats ! C’est un personnage non-violent même quand il s’attaque aux idées noires, il ne fait que les disperser ! Il y a beaucoup d’idées poétiques. Il s’est rappelé de la première vidéo qui montrait le Petit Prince en train de pêcher le soleil avec une canne à pêche ! Il est ravi si ces petits romans donnent envie de lire le roman de Saint Exupéry mais ce n’est pas son travail. C’est le travail des parents de dire aux enfants que ce Petit Prince a un grand frère!
Ce travail de « novelisation » (passage du dessin animé au roman) est simple pour lui et rapide, il met trois jours pour « traduire » un épisode. Il préfère toutefois inventer ses propres histoires. Nous lui avons demandé s’il aimerait qu’un réalisateur adapte ses romans en film d’animation et a répondu que dans ses rêves les plus fous ce serait Steven Spielberg !


P.S : Nous avons tendu un piège à Fabrice Colin…celui du « boa fermé »…qui avait mangé un toboggan !

Voici un extrait de l’interview des 4e2 :
Elève : depuis combien de temps écrivez-vous ?
Fabrice Colin : J’écris depuis que j’ai seize ans.
E : Combien de livres avez-vous écrits ?
FB : J’en ai écrit environ 60
E : Quand vous étiez petit, vouliez-vous devenir écrivain ?
FB : Non pas spécialement.
E : Combien gagnez-vous par livre vendu ?
FB : Je gagne à peu près 10 % du prix de vente
E : Avez-vous un écrivain préféré ?
FB : Oui c’est Vladimir Nabokov
E : Travaillez-vous en collaboration avec d’autres écrivains ?
FB : Oui pour des œuvres de fantasy
E : Avez-vous des livres en projets ?
FB : J’en ai toujours au moins trois en projet…
E : Combien de temps avez-vous mis pour écrire le Projet oXatan ?
FB :J’ai mis deux ou trois mois, c’était très court.
E : Combien d’exemplaires de ce livre ont été vendus ?
A peu près 30 000 exemplaires ont été vendus.

La séance s’est achevée par une séance de dédicaces.

Les élèves ont beaucoup apprécié cette rencontre car elle leur a permis de mieux comprendre ce qu’était le métier d’écrivain, le processus d’écriture et le cheminement d’un livre, de son idée initiale à sa publication.
Ils retiennent aussi que pour avoir de l’inspiration pour écrire un roman, il fallait lire, écouter, regarder, observer aussi bien la nature, son environnement, les gens qui les entourent que de laisser libre court à son imagination.
Fabrice Colin les a aussi sensibilisés au nécessaire travail de relecture et de correction du premier jet, afin de chercher la formulation la plus juste possible et éviter les répétitions (voir exemple donné plus haut par les 6e...les nuages...)

Ils ont été ravis d’avoir chacun une dédicace personnalisée de leur roman. Ils souhaitent à chaque élève d’avoir l’opportunité au moins une fois dans sa vie de rencontrer un écrivain en chair et en os !

Les 6e1 et les 4e2

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire