lundi 7 avril 2014

« Rencontrer un écrivain a été une vraie chance pour moi et ma classe ! »

Mardi 28 janvier 2014,de 9 h à 11h au CDI du collège de Bouxwiller, notre classe de 5ème2 a eu le privilège de rencontrer Dominique PAQUET.










C'est une femme qui exerce principalement le métier d'auteur. Née à Bordeaux, elle a commencé à écrire des textes à l'âge de 8 ans. Jeune adulte, elle choisit rapidement le théâtre et l'écriture philosophique et dramatique. Elle aime bien les biographies, un peu moins les romans ; elle lit souvent des essais. Son auteur préféré est Virginia Wolff. Elle écrit le matin, étant plus inspirée à ce moment. Pour Dominique Paquet, la plus belle chose est de lire ainsi que l'écriture !

Cette dramaturge est venue en Alsace pour la semaine, pour se rendre dans plusieurs collèges afin d'y rencontrer les élèves et leurs professeurs ! Avant la rencontre nous étions impatients de voir Dominique Paquet et impressionnés de voir en chair et en os l'auteur des deux livres que nous avons lus, La Consolation de Sophie et Les Échelles de nuage . La classe de 5eme2 lui a préparé une interview ; Mme Paquet, très sympathique, a répondu à nos questions. clairement et avec gentillesse. Elle n' était pas du tout intimidée de parler devant tant d 'élèves. Il ne faut pas oublier qu'elle est aussi comédienne de théâtre : elle a aussi monté ses pièces comme La consolation de Sophie dont elle est la metteuse en scène et où elle joue le rôle de Sophie, la femme qui a consolé Trita. Elle a également beaucoup voyagé, notamment au Pérou, en Mongolie, en Amérique latine et au Japon, et certains de ses voyages lui ont sans doute servi à écrire ses textes. Mais contrairement à ce que l'on pensait, elle n'est jamais allée en Chine, pays où se situe l'intrigue des Échelles de nuage.

Quand nous l'avons vue la première fois, nous nous sommes dits que ce n'était pas Dominique PAQUET parce que nous ne la voyions pas comme cela du tout ! Elle ne ressemblait pas du tout aux photos que nous avions vues sur son site internet. Nous l'avons trouvée un plus âgée que sur les photos (qui dataient peut-être un peu...), mais plus belle sans l'effet contre-jour ! Devant nous, il y avait une femme à lunettes et aux cheveux châtains, mi-longs et un peu bouclés, avec de lourdes boucles d'oreilles têtes de mort argentées !


Pendant la première heure Dominique PAQUET a répondu à nos questions. A la récréation, elle a dédicacé des livres à ceux qui voulaient. Et pendant la deuxième heure, elle guidait et aidait 2 personne qui devaient lire expressivement des extraits des deux textes.
Comme elle est très gentille et joyeuse, sympathique et drôle, la rencontre a été intéressante, instructive et distrayante, joyeuse et s'est faite dans une bonne ambiance. C'était une matinée formidable avec la présence de Dominique PAQUET!!! Elle était un peu « folle » et drôle, surtout quand elle a imité les cris des oiseaux de La consolation de Sophie ou quand elle a lu des passages de ses livres pour nous faire une démonstration. Quand on a fait la scène du rire des oiseaux, elle imite très bien la mouette rieuse, la huppe fasciée, l'alouette lulu ou « la poule heureuse d'avoir enfin pondu après des heures de gloussements ! ». En tous cas nous avons beaucoup apprécié sa présence !!



La rencontre nous a appris beaucoup de choses et a permis une meilleure compréhension des deux œuvres ; elle nous a donné des conseils pour écrire des livres, elle nous a prévenus comment éviter la page blanche... elle nous a même signé des autographes , c'était superbe! Nous avons pris plaisir à écouter ce qu'elle nous disait sur sa vie d'écrivain qui, pour elle, est d'ailleurs particulièrement chargée ! Elle était joyeuse , heureuse, souriante , et nous avons apprécié toutes ses qualités merveilleuses.


« Longtemps, j'ai préféré lire à manger... »
(site dominiquepaquet.free.fr)

Nous lui avons posé donc des questions sur elle et au sujet de ses deux œuvres : La consolation de Sophie et Les Échelles de nuages.

« L'essentiel : lire, toujours lire » .


Quelles étaient vos passions lorsque vous étiez enfant?
DP : Ma passion était la lecture ,
De qui vous vient votre passion pour la lecture ?
DP : Ma passion pour la lecture me vient de ma famille, dans la quelle nous lisons beaucoup. A table, je me levais entre chaque plat pour lire !
Combien avez-vous lu de livres ?
DP :Un millier au moins. J'ai compté une année les livres lus,en comptant les magazines et autres ; j'en ai lu 300.
Quel style de livre préférez-vous ?
DP : Je lis de tout, depuis toujours ; mais surtout les biographies et je lis un peu moins de romans.
Quel est votre écrivain préféré ?
DP :Peut-être Virginia Wolf


Sa carrière d'auteur : « J'écris ce que j'ai envie de lire » & « N'ayez pas peur de la page blanche ».


Depuis combien de temps écrivez-vous des livres ?
DP :La passion de l'écriture m'est venue à 8 ans, en CM1 ; j'écrivais des poésies ou des scènes de théâtre pour mes parents. J'écrivais tous les jours, après mes devoirs. Mais c'est seulement à 30 ans que j'ai commencé à écrire des « livres ». J'aurais aussi voulu être philosophe mais je suis déjà philosophe car j'écris des livres philosophiques pour enfants .
Étiez-vous une bonne élève ?
DP : Non je n'étais pas une bonne élève car j'écrivais pendant les cours, ce qui m'a fait redoubler....
Pourquoi ce métier vous passionne tant ?
DP : Je ne sais pas, j’écris ce que j'ai envie de lire et que les autres livres ne me donnent pas.
Qui ont été vos premiers lecteurs ?
DP : Mes premiers lecteurs ont été mes parents.
Qui vous inspire pour vos livres ?
DP : Ce sont les gens qui m'entourent, ceux que je rencontre, vous...
Comment choisissez-vous les titres de vos livres ?
DP : J’essaie de choisir un titre qui n’a jamais existé. Je me casse vraiment la tête. J'ai trouvé « Les tribulations d'une pince à glace », « Les escargots vont au ciel », « Maman typhon » ou le dernier « La curiosité des marmottes », écrit quand j'étais en résidence d'écriture en Mongolie.
Quel a été votre parcours professionnel ?
DP : Je suis écrivain à mi-temps ; l'autre partie de temps, je fais des ateliers, des rencontres, des cours, des forums, des salons du livre et je suis comédienne.
Combien de livres avez-vous écrit ?
DP : J'ai écrit plus d'une trentaine de livres .
Est-ce que la vie de l'auteur est difficile ?
DP : Oui, car on fait d'autres métiers ; auteur n'est pas toujours un métier riche !
Avec quel metteur en scène auriez-vous voulu jouer ?
DP : Réponse : Avec Woody Allen
Quel est votre rêve actuel?
DP : Mon rêve est de garder la forme le plus longtemps possible pour que je puisse finir les œuvres commencées.
Si vous aviez un conseil à nous donner , que diriez-vous?
DP : Le conseil que je souhaite vous donner serait de ne pas avoir peur de la page blanche. Le problème, quand vous êtes devant une feuille blanche, pour un texte libre, c'est que vous coincez car vous voulez tout de suite écrire quelque chose de formidable, toute l'histoire, d'une seule traite. Ça n'existe pas ! Au contraire, quand vous êtes devant une feuille vierge sur laquelle il n'y a rien, vous pouvez écrire tout ce que vous imaginez dans votre tête puis il faudra le travailler, au lieu de tout de suite écrire l'histoire en un jour, ce qui n'est pas possible!!! Il faut vous lancer ; c'est comme un bouchon ; vous enlevez le bouchon et, en-dessous, le texte est vivant. Quand vous faites une compétition, on ne voit pas l'entraînement. Ce sont les abdominaux de l'écriture !
Il faut bien imaginer l'histoire dans sa tête avant d'écrire. Voici le conseil que je vous donne pour ne pas avoir peur de la page blanche .




La consolation de Sophie : écrit « pour donner
de la consolation aux enfants »


Quand et pourquoi avez-vous écrit ce livre ?
DP : Je l'ai écrit en 2009, pour consoler les enfants tristes.
Est-ce que comme dans le livre quand vous étiez petite vous étiez souvent triste?
DP : Oui et non ; j'étais une enfant mélancolique. L'écriture m'a beaucoup aidée. J'étais emporté par l'écriture, la fiction...
Pourquoi le titre « La consolation de Sophie » ?
DP : Je suis partie d'un texte ancien de Boèce, écrivain romain du Ve siècle. Convaincu de corruption, il a été emprisonné. Avant de mourir, il a convoqué dans son imaginaire en femme qui portait une robe de haillons, allégorie de la philosophie, qui venait le voir pour le consoler. Mais c'était des consolations pour adultes. Je voulais écrire une consolation pour les enfants.
Est ce que quelqu'un vous a aidé à imaginer La Consolation de Sophie ?
DP : Personne ne m'a aidé a l'imaginer, sauf les enfants d'une école que j'ai rencontrés et avec qui ont a parlé, des mauvaises consolations par exemple.
Avez vous vécu une histoire similaire à celle de Trita?
DP : Avant ma classe de terminale, la philosophie me détendait !!! J'ai fait seule beaucoup de philosophie, qui est l'amour de la sagesse ; elle permet de se protéger et de vivre mieux avec les autres. Ça m'a aidé à vivre. On vit beaucoup plus tranquillement
D'où vous est venue l'idée de la « Dame blanche » ?
DP : Ce sont les enfants qui l'ont évoquée, lors d'un cours de théâtre pendant lequel les enfants me disaient qu'ils avaient peur de la Dame blanche. J'ai appris que beaucoup la connaissaient et en avaient peur. Voici pourquoi j'ai choisi la Dame blanche dans La consolation de Sophie.
Pourquoi avez-vous appelé les personnages comme noms Sophie , Sinan et Trita ?
DP : J'ai choisi Sophie parce que Sophia signifie, en grec, la sagesse . Pour Trita, je suis allé faire des ateliers d'écritures dans des classes et une petite fille a signé Trita ; j'ai trouvé ce prénom beau, alors je l'ai choisi. Pensant que Trita est un nom turc, j'ai choisi Sinan pour son frère, le nom d'un architecte du Grand Turc Soliman.
Pourquoi avez-vous choisi comme lieu la chambre ?
DP : J'ai choisi la chambre car ils se passe beaucoup de chose dans les chambre des enfants...
Pourquoi Trita a une chambre autant en désordre ?
DP : C'est pas toujours comme ça, les chambres d'enfants ?
De quoi souffre Sinan, le frère de Trita ?
DP : Sinan a sûrement un cancer.
Pourquoi Sophie sort elle d'un placard ?
DP : Car le monde des consolatrices est relié au placard.
Pourquoi Sophie est-elle habillée tout en blanc ?
DP : En rapport avec la Dame blanche, car beaucoup d'enfant la connaissent .
Est-ce que cette histoire est un rêve, puisque c’est un mélange de fantastique et de réel et qu’à la place des chapitres, il y a des nuits ?
DP : Non, ça a plus de force qu’un rêve ; ce sont plutôt des visites ; Sophie est peut-être une imagination de Trita.
A la fin, est-ce que Trita se transforme, elle aussi, en Sophie  ?
DP : Oui, elle est devenue une petite Sophie.
Alors à la fin du livre, quand Trita devient consolatrice, est-ce que ça veut dire qu'elle est morte?
DP: Non, au contraire, ça veut dire qu'elle est encore plus vivante !
Comment imagineriez-vous la suite de cette histoire? Est- ce qu'elle va revoir son frère ?
DP : Oui, elle va le revoir. La suite de l'histoire serait que Sinan revienne et qu'ils fassent de la philosophie ensemble.


Comme dans La consolation de Sophie où, à un moment, Trita essaie de deviner quelle dame est Sophie, nous avons imaginé d'autres dames d'autres couleurs :
- la dame jaune des tulipes,
- la dame blanche des nuages,
- la dame violette des betteraves,
- la dame grise qui porte sa robe de brume,
- la dame blanche de rouge,
- la dame blanche de l'ange,
- la dame verte de feuilles,
- la dame rouge des cerises,
- la dame Tagada,
- la dame tempête,
- la dame des ténèbres,
- la dame cœur...




Les échelles de nuage : « Je veux transmettre qu'il faut créer votre vie […] Passez par l'invention et la création […] Votre vie, c'est votre œuvre ; elle est à vous. Restez acteurs ! » & « Je préfère rêver le voyage... »


Quand avez-vous écrit «  Les échelles de nuages » ?
DP : J'ai écrit « Les échelles de nuages » en janvier 2000
Pourquoi l'histoire se passe-t-elle à Pékin ? Avez-vous des origines chinoises ? Y êtes-vous déjà allée ?
DP : Non, je n'ai pas d'origines chinoises et je n'y suis jamais allée. Mais j’ai choisi la Chine pour trois raisons.
Tout d’abord car un jour, je participais à un atelier d'écriture autour du thème du voyage ; j'ai fait un jeu avec des enfants où l'on piochait dans des saladiers des éléments d'histoire et, après, il fallait faire une histoire avec ces éléments. Chacun d'eux a écrit sur des morceaux de papier : « Qui part ? / Avec qui ? / D'où ? / Pour où ? / Quand ?  / Pourquoi ? / Comment » ; et j'ai pioché « une fleur, un panda et un poisson partent le 5 juin 2054 d'un grand verre de coca vers la pyramide de Ramsès II » ; et vous pouvez vérifier : tous les éléments sont dans la pièce. Avec un panda, cela m'a semblé logique que l'histoire se passe en Chine.
Ensuite, à cause d’un article sur la Chine que j’avais lu.
Enfin, la dernière raison est que j’aime beaucoup les films chinois. L'histoire se passe à Pékin parce que j'aime Pékin ; c'est pour moi un rêve d'enfant d'y aller... mais maintenant, avec la politique actuelle, la Chine ne me passionne plus vraiment. J'ai moins envie d'y aller, le pays est trop dangereux.... Je préfère alors rêver le voyage...
Comment choisissez-vous les prénoms de vos personnages ? Pourquoi avoir choisi comme nom Zao Ming et Shen You ?
DP : J’aime beaucoup les beaux prénoms ; je n'ai pas envie de mettre en scène des anonymes, des gens banals.j’en invente parfois. Mais j'aime donner un nom qui signifie quelque chose.  Et comme c'est précisé, Zao signifie « création », Ming « lumière », donc « forger son destin » ; Shen signifie « esprit », You « il y a », donc « le manifesté, le voyage de l'esprit »
Cette histoire est-elle tirer d'une histoire vraie ?
DP : Non, j'ai tout imaginé moi-même.
Est -ce possible que Schen You est Zao Ming ne soient pas partis et qu'ils s'imaginent en fait toute cette histoire ?
DP : Oui c'est possible .
Pourquoi, à la fin, les deux personnages ne rentrent pas chez eux, en Chine ?
DP : Car Zao Ming est déterminé à aller au bout du monde.
Quel est le message principal que vous souhaiter transmettre avec ce livre?
DP : Il parle d'une chose : je veux vous transmettre qu'il faut créer votre vie. Faites quelque chose de votre vie, mais surtout, passez par l'invention et la création. Pas forcément inventer un sérum ou un nouvel avion ; mais inventez aussi un amour, une entreprise, une famille... Votre vie, c'est votre œuvre ; elle est à vous. Restez acteurs.
Avez-vous également rêvé d'aller au bout du monde comme les deux garçons lorsque vous étiez enfant?
Oui ; et j'ai presque réussi. A 14 ans, je me suis dit que je traverserai l'Atlantique en bateau. Je l'ai fait en cargo, un porte-containers de 210m de long, de 8 étages de hauteur, avec 7 passagers seulement et 30 personnes d'équipage ; la traversée Le Havre – Pointe-à-Pitre a duré 12 jours . C'était extra.. . Dur, mais on a aussi vu des tortues, des baleines... et des sacs Monoprix ! Et j'ai découvert que la mer est vineuse, violette, pas du tout verte ou bleue ! J'ai aussi pris le Transsibérien sur les traces de Michel Strogoff, pour aller en Mongolie ; 11 jours de train. Et mon rêve a continué de se réaliser en l'an 2000 , où j'ai eu la chance d'aller en Asie, au Japon !
Comme dans Les Échelles de nuages, quand Shen You et Zao Ming jouent au jeu des titres, à savoir en inventer, les plus originaux,, nous avons inventé des titres inédits, à partir d'éléments de titres originaux du CDI, et proposé une potentielle première de couverture : 
« Éternelles ombres blanches »,
« A la recherche du lapin de printemps »,
« La forêt enchantée »,
« L’œil du buveur de sang »,
« Le Petit journal des secrets de la joie »,
« La vérité en enfer »,
« Fausse note à Venise »,
« La revanche des tomates »,
« L'or bleu d'un dégonflé »,
«  Le journal intime d'un buveur de sang »,
ou « Cent jours en millionnaire » ...
nous ont inspirés !


Ce que nous avons aussi appris & découvert ; ce qui nous a frappés :
- J'ai appris qu'elle n’exerçait pas principalement le métier d'auteur et qu'elle écrivait quand elle en avait le temps ou l'envie.
- J'ai appris qu'elle avait redoublé et n'était pas bonne élève, ce qui ne l'a pas empêché de réussir dans sa passion ; et ça, c'est encourageant pour mon avenir.
- J'ai découvert que Dominique Paquet avait beaucoup voyagé dans le monde et qu'elle avait fait beaucoup de rencontres ; j'ai retenu qu’on pouvait apprendre énormément de choses au cours de ces voyages.
- J'ai retenu que voyager dans différents pays pouvait nous apprendre beaucoup et qu'à partir d'une petite chose (comme un livreur dans un ascenseur par exemple) on pouvait créer, inventer ou imaginer beaucoup d'histoires
- J 'ai appris qu'en théâtre, on doit parler fort, face au public et ne pas avoir peur.
- A travers les questions , nous nous apercevons dans les réponses de l'auteur que, sur beaucoup de points, elle ne donne pas de réponse précise et laisse libre cour à notre imagination.
- On a appris qu'à la retraite, elle veut apprendre le chinois et qu'elle essaye d' écrire encore un livre ,



Cette rencontre a été mémorable pour nous. Merci Dominique Paquet ! La classe de 5°2

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